| |
Origine
et raison d'être de
L'ASSOCIATION DES PROFESSEURES
ET DES PROFESSEURS
DE SOCIOLOGIE DES COLLÈGES
La
raison d'être d'un regroupement se trouve en général
particulièrement bien énoncée quand on
prend la peine d'en raconter la naissance. En guise d'historique,
nous avons extrait librement des passages à partir
des exposés portant sur la création de l'APPSC,
donnés par deux de nos membres, lors de notre dixième
colloque annuel en 2002.
Ces
deux récits se complètent. Maurice Angers a
longtemps coordonné les actions du Comité provincial
de sociologie, le prédécesseur direct de l'APPSC.
France Hubert était, quant à elle, au nombre
des 39 co-fondatrices et co-fondateurs de notre association.
(N.B. Pour ces extraits, nous nous sommes permis d'abréger
et d'élaguer considérablement leurs témoignage.
Les personnes qui seraient intéressées à
lire les conférences originales dans leur version intégrale
peuvent les télécharger à partir de la
page intitulée
Nos
Colloques.)
|
Maurice
Angers :
Quand
il fallut créer notre propre association ...
|
| |
|
|
| |
Notre association est née au début des années
90, parce que quelque chose disparaissait au même moment.
Ce quelque chose, c'était une structure sous la direction
du Ministère de l'Éducation qui s'est appelée jusqu'aux
années 80, les Coordinations provinciales de discipline,
puis les Comités pédagogiques provinciaux de disciplines,
tel le Comité provincial de sociologie.
Ces
Coordinations provinciales de discipline sont nées avec
l'apparition des premiers cégeps en 1967. Au Ministère
de l'Éducation, organisation elle-même créée à peine
quatre ans auparavant, il y avait une Direction de l'Enseignement
collégial dont le premier titulaire fut le fameux Frère
UnTel, du pseudonyme que s'était donné le Frère Jean-Paul
Desbiens, lors de la parution de son ouvrage au début
des années 60, intitulé Les insolences du frère Untel.
Ce premier directeur de l'enseignement collégial, pour
s'aider dans la tâche d'élaboration de cours pour ces
nouvelles institutions appelées des cégeps, institua
les Coordinations provinciales de discipline.
Chaque
Coordination représentait au secteur général une discipline
et travaillait à proposer un ensemble de cours dans
son domaine au réseau des collèges du Québec. C'est
ainsi qu'il y eut au départ, pour ce qui nous concerne,
une Coordination provinciale de Sociologie et d'Anthropologie
qui se scindera au cours des années 70 en deux coordinations
distinctes, pour chacune de ces deux disciplines.
Chaque
coordination provinciale avait à sa tête un coordonnateur
ou une coordonnatrice qui convoquait, une fois l'an
habituellement, un représentant ou une représentante
de chaque cégep du réseau, de la discipline concernée.
À cette réunion, on discutait de l'état des cours de
sociologie dans le réseau et des modifications à y apporter.
Indirectement, cela permettait à des professeurs, enseignant
la même matière dans divers endroits du Québec, de pouvoir
se rencontrer et, par la bande, d'échanger sur leurs
pratiques pédagogiques. Cela était d'autant plus stimulant
que plusieurs professeurs étaient seuls dans leur coin
de pays à enseigner la sociologie et n'avaient pas d'autres
occasions de rencontrer leurs pairs.
La
Coordination provinciale de sociologie, comme celles
des neuf autres disciplines de sciences humaines impliquées,
prit de plus en plus d'importance au cours de ces années
80 avec la réforme annoncée du programme
de sciences humaines. J'ajouterais aussi que l'année
où l'on a construit les cours du nouveau programme,
j'ai présidé non moins de neuf vendredis de rencontres
de l'exécutif de Comité provincial de sociologie qui
était alors composé de sept membres. Ces collègues venaient
de diverses régions du Québec et faisaient ces voyages
par conviction, car ils n'étaient pas rémunérés.
Il faut dire que les coordonnateurs provinciaux de Sciences
humaines avaient pris le leadership de la réforme au
ministère de l'Éducation et s'étaient ainsi acquis
un pouvoir certain. Nous avions réussi à mener à terme,
malgré le scepticisme ambiant, la réforme du programme
de sciences humaines, implantée finalement à
l'automne 1991, mais nos jours étaient comptés. Du point
de vue des administrations locales de cégeps, en particulier,
nous avions eu une marge de manœuvre démesurée et ce
message envoyé au ministère fut bien reçue, ce dernier
commençant d'ailleurs, au même moment, à trouver des
vertus à la décentralisation ou à l'autonomie locale.
Tout cela fut confirmé, peu de temps après, par la réforme
générale de l'enseignement collégial dite la Réforme
Robillard, qui fut mise en marche au milieu des années
90.
Au
début des années 90, dans le contexte d'une mise en
veilleuse, jamais officiellement annoncée, mais qui
me semblait imminente, j'avais fait part à de nombreux
collèges que, si on espérait pouvoir encore à l'avenir
se rencontrer annuellement entre collègues, il fallait
se créer notre propre organisation. Ma collègue France
Hubert a heureusement pris la relève à ce moment-là,
avec d'autres, pour créer une Association de professeurs
de sociologie au collégial, que d'autres disciplines
de sciences humaines nous envient depuis lors.
|
|
| |
|
|
|
France
Hubert :
Pourquoi
une association légalement reconnue ...
|
| |
|
|
| |
Au
début des années 90, plusieurs ont compris qu'en l'absence
du Comité provincial de matière, les professeurs seraient
isolés dans le réseau collégial et il leur serait désormais
difficile de se regrouper pour faire face aux nombreux
changements qui affectaient déjà leur pratique d'enseignement.
C'est tout à leur honneur d'avoir su profiter des derniers
moments de l'existence de ce comité pour proposer la
création d'une structure qui leur survivrait. Mais il
faut aussi se rappeler que le Comité provincial de sociologie
est l'un de ceux qui a le mieux fonctionné dans le réseau
et l'un des plus efficaces dans la réforme des programmes.
Ce
n'est donc pas par hasard que les professeurs tenaient
à se doter d'une structure capable de maintenir des
liens entre eux. Mais entre le besoin de se doter d'une
structure capable de suppléer à la disparition des Comités
de matière et la mise sur pied d'une association professionnelle,
il y a un saut que plusieurs n'étaient pas prêts à franchir.
Plusieurs professeurs redoutaient
l'aspect "corporatiste" d'une telle association et craignaient
des coûts astronomiques qu'ils n'étaient pas prêts à
assumer. Mais
il fallait bien constater deux choses. D'abord les professeurs
avaient appris à se connaître et à travailler ensemble
au Comité provincial de sociologie. De plus, trois séances
de perfectionnement avaient été organisées de janvier
1991 à juin 1992 auxquelles les professeurs avaient
répondu avec enthousiasme. Ces
expériences deviendront des modèles pour l'organisation
des colloques qui allaient suivre.
Mais
pourquoi une association légalement reconnue? Pour ses
avantages. L'APPSC,
sous sa forme légale, est une structure permanente.
Elle est une "personne morale" qui a sa propre existence
juridique en dehors de celle de ses membres. Cela lui
permet de parler au nom de ses membres, de faire des
représentations au nom des membres, de recueillir des
cotisations, d'organiser des activités, d'effectuer
des transactions financières et bancaires sans engager
les individus. En plus, elle constitue un lieu d'identité
pour les professeurs de sociologie.
Donc en juin 1992 à Québec, les membres du Comité provincial
de sociologie proposaient la création de l'Association
et élisaient le premier exécutif provisoire, composé
de Annick Allard, Gérard Daigle, Claire Fortier, de
Pierre Petit et de moi-même. Notre mandat consistait
à entreprendre les démarches en vue de faire reconnaître
légalement notre Association, à en définir ses structures
et à organiser la session de perfectionnement qui a
eu lieu en juin 1993 à Trois-Rivières.
Au cours de l'été 1992, nous avons entrepris des démarches
auprès du Ministère des Institutions financières et
obtenu nos lettres patentes peu après. Dans les lettres
patentes sont précisés les buts de l'Association, le
nom des officiers et l'adresse du siège social officiel.
Pour
votre souvenir, on peut ajouter que l'incorporation
de notre Association s'est faite relativement facilement
pour les deux raisons suivantes. D'abord les coûts ont
été assumés à même une contribution volontaire des 39
membres fondateurs. Ensuite, après plusieurs démarches
au ministère des Institutions financières, nous avons
décidé de procéder nous-mêmes à l'incorporation de l'Association
plutôt que de confier la responsabilité à un avocat,
ce qui a réduit les frais au minimum.
Une
structure souple et peu coûteuse
Si
les besoins des professeurs leur imposaient de se doter
d'une organisation permanente et autonome capable de
suppléer à la disparition du Comité provincial de sociologie,
autre chose était de créer cette organisation et surtout
de lui assurer les moyens de vivre et de survivre. Comment
attirer et retenir ces professeurs dans l'Association?
Il nous a semblé très rapidement que deux conditions
étaient essentielles : il fallait organiser des activités
de rencontre et de perfectionnement correspondant à
un besoin non comblé ailleurs. Mais deuxième condition
: il ne fallait pas que ce soit coûteux. Comment faire
pour maintenir des frais minimum? En se dotant de structures
les plus souples possibles, en faisant nous-mêmes et
en jumelant les activités de perfectionnement aux exigences
que requiert la vie d'une association.
Ces
choix ont donc été déterminants dans la façon de définir
les structures de notre Association et d'organiser les
rencontres annuelles. D'abord au niveau des structures
de notre Association, les Statuts et Règlements sont
formulés de façon à pouvoir s'ajuster à différents contextes
et différentes réalités. La majeure partie du travail
des officiers est consacrée à la planification, à l'organisation
à la préparation de cette réunion annuelle où le volet
perfectionnement tient une place prépondérante et où
un deuxième volet est inséré pour répondre aux exigences
de nos structures associatives, soit la tenue de l'assemblée
générale et l'élection des officiers. Cela signifie
que ce sont les colloques (ou la partie perfectionnement
dans la réunion annuelle) qui sont au coeur des activités
de l'Association.
Donc
le colloque attire les participants et assure à l'Association
son membership. En retour, l'Association organise le
colloque, donne un service correspondant à un besoin
non comblé ailleurs et assure ainsi sa survie. Mais
il y a des conditions à respecter : il faut que les
activités en cours de colloque soient reconnues comme
des activités de perfectionnement répondant aux critères
des comités de perfectionnement des collèges qui donnent
droit au remboursement des frais, ce qui a signifié
que les activités de perfectionnement doivent comporter
deux volets complémentaires : un volet disciplinaire
et un volet pédagogique.
Ces
deux volets correspondant aux deux questions fondamentales
: quoi enseigner? comment enseigner? La forme que nous
avons adoptée pour l'organisation des premiers colloques
s'articulait autour d'ateliers animés par des personnes-ressources,
ateliers dont le contenu portait le plus souvent sur
l'enseignement de la sociologie, les changements dans
les programmes, les expériences pédagogiques, etc. C'est
le volet plus pédagogique. Et nous avons adopté dès
le départ l'idée d'une conférence où seraient abordées
des questions plus générales reliées à la sociologie,
à son évolution, à des approches ou questions particulières,
etc. C'est le volet plus disciplinaire.
Monsieur
Guy Rocher a été notre premier conférencier et il est
revenu par la suite. Ce fut pour nous une expérience
inoubliable. Il faut aussi applaudir à la réponses enthousiaste
de tous les professeurs qui ont accepté, au cours de
ces dix années, de venir réfléchir avec nous sur leur
pratique. Car ce n'est pas la rémunération plus que
symbolique qui les a attirés, mais la passion pour la
sociologie et le plaisir de partager avec nous la richesse
de leur métier.
L'APPSC
est une expérience de réussite. Pour ma
part, je sais qu'un des bénéfices les plus tangibles
de l'Association aura été de nous permettre de nous
rencontrer, d'échanger entre nous sur nos pratiques,
celui de créer le réseau des professeurs et professeurs
de sociologie des collèges, de soutenir les collègues
qui investissent à l'un ou l'autre niveau, de nous aider
à surmonter les difficultés inhérentes aux brusques
changements que nous vivons, d'être un lieu où nous
pouvons faire part de nos difficultés mais aussi de
nos réussites.
|
|
| |
|
|
|
|